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« Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent »


Restons indéfectiblement attachés à notre espérance et au gage de notre justice, le Christ Jésus. Sur le bois il a porté nos fautes dans son corps. Pourtant « il n'avait pas commis le péché et ses lèvres n'avaient pas connu le mensonge » (1P 2,22). Mais, pour que nous vivions en lui, il a tout supporté. Soyons les imitateurs de sa patience, et si nous souffrons pour son nom, rendons-lui gloire. Tel est l'exemple qu'il nous a lui-même donné et en lequel nous avons cru… Persévérez dans ces sentiments et suivez l'exemple du Seigneur, fermes et inébranlables dans la foi, vous aimant en frères, pleins d'affection mutuelle, unis dans la vérité, vous attendant les uns les autres avec la douceur du Seigneur, ne méprisant personne…

Je suis sûr que vous êtes très versés dans les livres sacrés et que ceux-ci n'ont plus de mystères pour vous. Je ne partage pas votre érudition. Mais cette citation des Écritures me suffit : « Emportez-vous mais ne commettez pas le péché. Que le soleil ne se couche pas sur votre colère » (Ep 4,26). Heureux celui qui se souvient de cette parole ! Je crois que vous êtes de ceux-là.

Que Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ, et lui-même, le Grand Prêtre éternel, Jésus Christ fils de Dieu, vous fortifient dans la foi et la vérité, en toute douceur, sans colère, dans la patience, la longanimité, le courage et la chasteté. Qu'il vous fasse partager le lot des saints, ainsi que nous-mêmes et tous ceux qui vivent sous le ciel et croient en notre Seigneur Jésus Christ et en son Père qui l'a ressuscité des morts. Priez pour tous les saints. Priez aussi pour les rois, les princes, les magistrats, pour ceux qui vous persécutent et vous haïssent, pour les ennemis de la croix, et qu'ainsi tous puissent contempler le fruit que vous portez et qu'en lui vous soyez parfaits.
Saint Polycarpe (69-155), évêque et martyr

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Le Sermon sur la Montagne, sa mise en pratique, c'est la richesse de ton être !
SAINTE MARTINE Vierge et Martyre(+ 226)

Sainte Martine naquit à Rome de parents illustres. Son père avait été trois fois consul et s´était distingué par une foi vive et une charité ardente. Après sa mort, Martine vendit ses biens et consacra l´argent à des oeuvres de miséricorde. L´empereur Alexandre régnait et persécutait les chrétiens. Des gens occupés à rechercher les serviteurs de Jésus-Christ trouvèrent sainte Martine en prières dans une église et l´arrêtèrent. Comme elle ne fit aucune difficulté de les suivre, ils crurent avoir fait une conquête; mais, conduite à l´empereur, elle refusa de sacrifier aux idoles; celui-ci ne l´en fit pas moins conduire au temple d´Apollon. En y entrant, Martine, s´armant du signe de la Croix, pria Jésus-Christ, et à l´instant il se fit un effroyable tremblement de terre qui renversa une partie du temple et brisa l´idole.
L´empereur, irrité, commanda qu´on frappât la vierge à coups de poings et qu´on l´écorchât avec des ongles de fer; Martine souffrit avec une telle patience, que les bourreaux, lassés, furent remplacés par d´autres qu´une lumière divine renversa et convertit. Conduite de nouveau devant l´empereur, Martine refusa pour la seconde fois de sacrifier aux idoles; Alexandre la fit attacher à quatre pieux et fouetter si cruellement et si longtemps que les bourreaux s´arrêtèrent de fatigue. Martine fut reconduite en prison, et on versa dans ses plaies de l´huile bouillante; mais des Anges vinrent la fortifier et la consoler. Le lendemain, la vierge fut conduite au temple de Diane que le démon quitta aussitôt avec des hurlements horribles, en même temps la foudre renversait et brûlait une partie du temple avec ses prêtres.

L´empereur, effrayé, laissa Martine aux mains du président Justin qui la fit si cruellement déchirer avec des peignes de fer, qu´il la crut morte; mais s´apercevant qu´il se trompait: "Martine, lui dit-il, ne veux-tu pas sacrifier aux dieux et te préserver des supplices qui te sont préparés? – J´ai mon Seigneur Jésus-Christ qui me fortifie, et je ne sacrifierai pas à vos démons." Le président, furieux, commanda de la reconduire en prison.L´empereur, informé de ce qui s´était passé, ordonna que Martine fût menée dans l´amphithéâtre afin d´y être exposée aux bêtes; mais un lion, qu´on lâcha pour la dévorer, vint se coucher à ses pieds et lécha ses plaies; mais comme on le ramenait à son antre, il se jeta sur un conseiller d´Alexandre et le dévora. Ramenée en sa prison, Martine fut encore une fois conduite au temple de Diane, et comme elle refusait toujours de sacrifier, on déchira de nouveau son pauvre corps dont on voyait tous les os.

"Martine, lui dit un des bourreaux, reconnais Diane pour déesse, et tu seras délivrée. – Je suis chrétienne et je confesse Jésus-Christ." Sur ces paroles, on la jeta dans un grand feu préparé à l´avance, mais le vent et la pluie, qui survinrent à l´instant, dispersèrent le bûcher et brûlèrent les spectateurs. On retint la Sainte trois jours durant dans le temple, après toutefois qu´on lui eût fait couper les cheveux. L´empereur la croyait magicienne et s´imaginait que sa force résidait dans sa chevelure. Elle fut tout ce temps sans rien prendre, chantant continuellement les louanges de Dieu. Ne sachant plus que faire, Alexandre lui fit couper la tête. Le corps de Martine demeura plusieurs jours exposé sur la place publique , défendu par deux aigles qui restèrent jusqu´au moment où un nommé Ritorius put lui donner une honorable sépulture.


« Cette parole de l’Ecriture, ... c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit »
Quand vous lisez : « Il enseignait dans leurs synagogues et tous célébraient ses louanges », prenez garde de n'estimer heureux que les auditeurs du Christ et de vous juger, vous, privés de son enseignement. Si l'Écriture est la vérité, Dieu n'a pas seulement parlé jadis dans les assemblées juives mais il parle aujourd'hui encore dans notre assemblée. Et non seulement ici, dans la nôtre, mais dans d'autres réunions et dans le monde entier Jésus enseigne et cherche des instruments pour transmettre son enseignement.


Priez pour qu'il me trouve également disposé et apte à le chanter. De même que le Dieu tout-puissant, cherchant des prophètes au temps où la prophétie faisait défaut aux hommes, trouve par exemple Isaïe, Jérémie, Ézéchiel, Daniel, ainsi Jésus cherche des instruments pour transmettre sa parole, pour « enseigner les peuples dans leurs synagogues et être glorifié par tous. » Aujourd'hui Jésus est davantage « glorifié par tous » qu'au temps où il n'était connu que dans une seule province.
Origène (vers 185-253), prêtre et théologien Homélie 32 sur s. Luc, 2 (SC 87, p. 387)

« Qui croit en moi vivra »


« Qui croit en moi, quand même il serait mort, vivra ; et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. » Qu'est-ce à dire ? « Qui croit en moi, quand même il serait mort comme Lazare, il vivra » parce que Dieu n'est pas le Dieu des morts, mais le Dieu des vivants. Déjà au sujet d'Abraham, d’Isaac et de Jacob, les patriarches morts depuis longtemps, Jésus avait fait aux juifs la même réponse : « Je suis le Dieu d'Abraham, d’Isaac et de Jacob ; non pas le Dieu des morts, mais des vivants, car tous vivent pour lui » (Lc 20,38). Crois donc, et quand même tu serais mort, tu vivras ! Mais si tu ne crois pas, quoique tu sois vivant, tu es réellement mort… D’où vient la mort dans l'âme ? De ce que la foi n'y est plus. D’où vient la mort du corps ? De ce que l’âme n'y est plus. L’âme de ton âme, c'est la foi.

« Celui qui croit en moi, quand même il serait mort dans son corps, aura la vie dans son âme, jusqu'à ce que le corps lui-même ressuscite pour ne plus mourir. Et quiconque vit dans la chair et croit en moi, bien qu'il doive mourir pour un temps en son corps, il ne mourra pas pour l'éternité, à cause de la vie de l'Esprit et de l’immortalité de la résurrection. »

Voilà ce que veut dire Jésus dans sa réponse à Marthe… « Crois-tu cela ? » « Oui, Seigneur, lui répond-elle, je crois que tu es le Christ, le fils de Dieu, qui es venu dans le monde. En croyant cela, j'ai cru que tu es la résurrection, j'ai cru que tu es la vie, j'ai cru que celui qui croit en toi même s’il meurt, vivra ; j'ai cru que celui qui est vivant et qui croit en toi, ne mourra pas pour l'éternité. »

« Recevoir celui que j’envoie, c’est me recevoir moi-même ; et me recevoir, c’est recevoir celui qui m’a envoyé »

Être ton épouse, ô Jésus, être carmélite, être par mon union avec toi la mère des âmes, cela devrait me suffire. Il n’en est pas ainsi. Sans doute, ces trois privilèges sont bien ma vocation -- carmélite, épouse et mère -- cependant je sens en moi d’autres vocations… Je sens le besoin, le désir d'accomplir pour toi, Jésus, toutes les oeuvres les plus héroïques... Malgré ma petitesse, je voudrais éclairer les âmes comme les prophètes, les docteurs ; j’ai la vocation d’être apôtre. Je voudrais parcourir la terre, prêcher ton nom et planter sur le sol infidèle ta Croix glorieuse, mais, ô mon Bien-Aimé, une seule mission ne me suffirait pas, je voudrais en même temps annoncer l'Évangile dans les cinq parties du monde et jusque dans les îles les plus reculées. Je voudrais être missionnaire non seulement pendant quelques années, mais je voudrais l'avoir été depuis la création du monde et l'être jusqu'à la consommation des siècles...
Ô mon Jésus ! à toutes mes folies que vas-tu répondre ? Y a-t-il une âme plus petite, plus impuissante que la mienne ? Cependant à cause même de ma faiblesse tu t'es plu, Seigneur, à combler mes petits désirs enfantins, et tu veux aujourd'hui combler d'autres désirs plus grands que l'univers… J’ai compris que l’amour renfermait toutes les vocations, que l’amour était tout, qu’il embrassait tous les temps et tous les lieux ; en un mot qu’il était éternel… Ma vocation, enfin je l’ai trouvée, ma vocation, c’est l’amour.
Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus (1873-1897), carmélite, docteur de l'Église

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