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« Si quelqu’un m’aime ... nous viendrons chez lui ; nous irons demeurer auprès de lui »
Je jouissais un jour, dans le recueillement, de cette compagnie que j'ai toujours en mon âme ;
il me semblait que Dieu s'y trouvait, de telle sorte que je songeais à cette parole de
saint Pierre : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant » (Mt 16,16), car Dieu était vraiment
vivant en moi. Cette prise de conscience ne ressemblait pas aux autres ; elle élève la puissance
de la foi ; on ne saurait douter que la Trinité est en notre âme par une présence spéciale, par
sa puissance et par son essence. Sentir cela est extrêmement avantageux pour faire entendre une
telle vérité. Comme j'étais tout étonnée de voir une si haute Majesté dans une créature aussi
vile que mon âme, j'entendis cette parole : « Ton âme n'est pas vile, ma fille, car elle est
faite à mon image » (Gn 1,27).
Un autre jour, je considérais en moi cette présence des trois Personnes divines. La lumière était
tellement vive, qu'il n'y avait nul doute que ce ne fût là le Dieu vivant, le vrai Dieu… Je
songeais combien la vie est amère, puisqu'elle nous empêche de nous tenir toujours dans une si
admirable compagnie, et … le Seigneur me dit : « Ma fille, après cette vie, tu ne pourras plus
me servir de la même manière que maintenant. Alors, que tu manges ou que tu dormes, quoi que tu
fasses, fais-le par amour pour moi, comme si tu ne vivais plus toi-même, mais moi en toi ; c'est
là ce qu'a proclamé saint Paul » (Ga 2,20).
Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582), carmélite, docteur de l'Église
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L’enfantement de la nouvelle création (Rm 8,22)
Voici venu le règne de la vie et renversé le pouvoir de la mort. Une autre naissance est apparue
ainsi qu'une autre vie, une autre manière d'être, une transformation de notre nature elle-même.
Cette naissance-là n'est le fait « ni du désir de l'homme ni du désir de la chair, mais de Dieu
» (Jn 1,13)…
« Voici le jour que le Seigneur a fait » (Ps 117,24). Jour bien différent de ceux du
commencement, car en ce jour Dieu fait un ciel nouveau et une terre nouvelle, comme dit le
prophète (Is 65,17). Quel ciel ? Le firmament de la foi au Christ. Quelle terre ? Le coeur bon,
comme dit le Seigneur, la terre qui s'imprègne de la pluie qui descend sur elle, la terre qui
fait pousser d'abondantes moissons (Lc 8,15). Dans cette création, le soleil, c'est la vie pure ;
les étoiles, ce sont les vertus ; l'air, c'est une conduite limpide ; la mer, c'est la riche
profondeur de la sagesse et de la connaissance ; l'herbe et le feuillage, c'est la bonne doctrine
et les enseignements divins dont se nourrit le troupeau, c'est-à-dire le peuple de Dieu ;
les arbres portant du fruit, c'est la pratique des commandements. En ce jour est créé l'homme
véritable, celui qui est fait à l'image et à la ressemblance de Dieu (Gn 1,27).
N'est-ce pas tout un monde qu'inaugure pour toi « ce jour qu'a fait le Seigneur » ?… Le plus
grand privilège de ce jour de grâce, c'est qu'il a détruit la mort et donné naissance au
premier-né d'entre les morts... Quelle belle et bonne nouvelle ! Celui qui pour nous est devenu
comme nous, pour faire de nous ses frères, amène sa propre humanité vers le Père afin d'y
entraîner avec lui tous ceux de sa race.
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« C’est votre intérêt que je parte ; car si je ne pars pas, le Paraclet ne viendra pas vers vous
»
Qui es-tu, douce lumière qui me combles
et illumines la ténèbre de mon coeur ?…
Es-tu le Maître d’oeuvre,
le bâtisseur de la cathédrale éternelle
qui depuis la terre s'élève jusqu'au Ciel?
Tu donnes vie à ses colonnes, qui se dressent,
hautes et droites, solides et immuables (Ap 3,12).
Marquées du signe du Nom divin et éternel,
elles s'élancent vers la lumière et portent la coupole
qui achève et couronne la sainte cathédrale,
ton oeuvre qui embrasse l'univers entier :
Saint Esprit, Main de Dieu créatrice !…
Es-tu le doux cantique de l'amour
et du respect sacré qui retentit sans fin
autour du trône de la Trinité sainte (Ap 4,8),
symphonie où résonne
la note pure donnée par chaque créature ?
Le son harmonieux,
l'accord unanime des membres et de la Tête (Ep 4,15),
dans lequel chacun au comble de la joie
découvre le sens mystérieux de son être
et le laisse jaillir en cri de jubilation,
rendu libre
en participant à ton propre jaillissement :
Saint Esprit, jubilation éternelle !
Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix [Edith Stein] (1891-1942), carmélite, martyre.
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L’Ascension du Seigneur
"Aujourd’hui notre Seigneur Jésus-Christ monte au ciel; que notre cœur y monte avec lui. Écoutons ce
que nous dit l’Apôtre: Vous êtes ressuscités avec le Christ. Recherchez donc les réalités d’en haut:
c’est là qu’est le Christ, assis à la droite de Dieu. Le but de votre vie est en haut, et non pas sur
la terre. De même que lui est monté, mais sans s’éloigner de nous, de même sommes-nous déjà là-haut
avec lui, et pourtant ce qu’il nous a promis ne s’est pas encore réalisé dans notre corps.
Lui a déjà été élevé au dessus des cieux; cependant il souffre sur la terre toutes les peines que nous
ressentons, nous ses membres. Il a rendu témoignage à cette vérité lorsqu’il a crié du haut du ciel :
Saul, Saul, pourquoi me persécuter? Et il avait dit aussi: J’avais faim, et vous m’avez donné à
manger. Pourquoi ne travaillons-nous pas, nous aussi sur la terre, de telle sorte que par la foi,
l’espérance et la charité, grâce auxquelles nous nous relions à lui, nous reposerions déjà
maintenant avec lui, dans le ciel?
Lui, alors qu’il est là-bas, est aussi avec nous; et nous, alors que nous sommes ici, sommes aussi
avec lui. Lui fait cela par sa divinité, sa puissance, son amour; et nous, si nous ne pouvons pas le
faire comme lui par la divinité, nous le pouvons cependant par l’amour, mais en lui.
Lui ne s’est pas éloigné du ciel lorsqu’il en est descendu pour venir vers nous; et il ne s’est pas
éloigné de nous lorsqu’il est monté pour revenir au ciel. Il était déjà là-haut, tout en étant
ici-bas; lui-même en témoigne: Nul n’est monté au ciel, sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils
de l’homme, qui est au ciel. Il a parlé ainsi en raison de l’unité qui existe entre lui et nous: il
est notre tête, et nous sommes son corps. Cela ne s’applique à personne sinon à lui, parce que nous
sommes lui, en tant qu’il est Fils de l’homme à cause de nous, et que nous sommes fils de Dieu à
cause de lui.
C’est bien pourquoi saint Paul affirme: Notre corps forme un tout, il a pourtant plusieurs membres ;
et tous les membres, bien qu’étant plusieurs, ne forment qu’un seul corps. De même en est-il pour le
Christ. Il ne dit pas: Le Christ est ainsi en lui-même, mais il dit: De même en est-il pour le Christ
à l’égard de son corps. Le Christ, c’est donc beaucoup de membres en un seul corps. Il est descendu
du ciel par miséricorde, et lui seul y est monté, mais par la grâce nous aussi sommes montés en sa personne.
De ce fait, le Christ seul est descendu, et le Christ seul est monté ; non pas que la dignité de
la tête se répande indifféremment dans le corps, mais l’unité du corps ne lui permet pas de se
séparer de la tête."
Prière :
Dieu qui élèves le Christ au dessus de tout, ouvre nous à la joie et à l’action de la grâce, car
l’Ascension de ton Fils est déjà notre victoire : nous sommes les membres de son corps, il nous a
précédés dans la gloire auprès de toi, et c’est là que nous vivons en espérance. Par Jésus, le Christ,
notre Seigneur. Amen
Préparé par le Département de Théologie Spirituelle de
L’Université Pontificale de la Sainte-Croix
De saint Augustin, sermon pour l’Ascension .
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« Veillez et priez en tout temps » (Lc 21,36)
Oh ! que j'aimerais, ami de Dieu, qu'en cette vie vous soyez toujours en l'Esprit Saint. «
Je vous jugerai dans l'état dans lequel je vous trouverai » dit le Seigneur (cf Ap 22,12).
Malheur, grand malheur s'il nous trouve appesantis par les soucis et les peines de ce monde, car
qui peut endurer son courroux et qui peut lui résister ? C'est pourquoi il a été dit : « Veillez
et priez pour ne pas entrer en tentation » (Mt 26,41), autrement dit pour ne pas être privé de
l'Esprit de Dieu, car les veilles et la prière nous donnent sa grâce.
Il est certain que toute bonne action faite au nom du Christ confère la grâce du Saint Esprit,
mais la prière plus que toute autre chose, étant toujours à notre disposition. Vous auriez, par
exemple, envie d'aller à l'église, mais l’église est loin, ou l’office est terminé ; vous auriez
envie de faire l'aumône, mais vous ne voyez pas de pauvre, ou vous n'avez pas de monnaie ; vous
voudriez rester vierge, mais vous n'avez pas assez de force pour cela, à cause de votre
constitution ou à cause des embûches de l'ennemi auxquelles la faiblesse de votre chair humaine
ne vous permet pas de résister ; vous voudriez peut-être trouver une autre bonne action à faire
au nom du Christ, mais vous n'avez pas assez de force pour cela, ou l'occasion ne se présente
pas. Quant à la prière, rien de tout cela ne l'affecte : chacun a toujours la possibilité de
prier, le riche comme le pauvre, le notable comme l'homme du commun, le fort comme le faible, le
bien portant comme le malade, le vertueux comme le pécheur…
Telle, ami de Dieu, est la puissance de la prière. Plus que toute autre chose elle nous donne la
grâce de l'Esprit de Dieu et plus que tout elle est toujours à notre portée. Bienheureux serons
-nous lorsque Dieu nous trouvera veillants, dans la plénitude des dons de son Esprit Saint. Nous
pourrons alors espérer être « emportés sur les nuées à la rencontre de Notre Seigneur dans les
airs » (1Th 4,17) quand il vient, revêtu de puissance et de gloire, pour juger les vivants et
les morts et donner à chacun son dû (Mc 13,26 ; 2Tm 4,1).
Saint Séraphim de Sarov (1759-1833), moine russe
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